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Mercredi 18 août 2010 3 18 /08 /Août /2010 12:16

Hier, France 3 diffusait Turandot, l'opéra de Puccini. Comme j'aime beaucoup l'opéra, j'ai regardé la représentation avec une amie.

 

Turandot est une princesse de Chine froide et cruelle mais d'une beauté incomparable. Elle est sans cesse courtisée mais refuse le mariage, ce que son père l'empereur n'accepte pas. Elle a donc conclue un pacte avec lui : elle soumettra à chaque prétendant trois énigmes différentes mais à la première erreur, le prétendant est exécuté. Seul l'homme qui répondra correctement aux trois énigmes pourra devenir son mari.

De nombreux princes ont déjà échoué, ce que déplorent les trois ministres Ping, Pang et Pong. Pourtant rien ne décourage les prétendants, tous sous le charme presque surnaturel de Turandot. C'est le cas de Calaf qui, malgré les protestations de son père Timur et les supplications de la servante Liu, sonnent les trois coups de gong qui lancent le défi.

Turandot soumet alors ses trois énigmes à "l'étranger" :

- "Dans la nuit sombre vole une ombre irisée. Elle s'élève et déploie ses ailes sur la noire, innombrable humanité ! Tout le monde l'invoque, tout le monde l'implore ! Mais l'ombre disparaît avec l'aurore pour renaitre dans le coeur et elle renaît chaque nuit, et chaque jour elle meurt."

- "Vif comme la flamme, il n'est pas flamme ! Il est parfois délire, élan de fièvre, ardeur ! L'inertie le transmute en langueur ! Si tu te perds ou t'éteins, il se glace ! Si tu rêves de conquête, il s'enflamme ! Il possède une voix qu'en tremblant tu écoutes et la vive lumière du soleil qui se couche !"

- "Glace qui t'enflamme et se glace de ton feu ! Blanche et obscure ! En te voulant libre, elle te rend esclave, en t'acceptent pour esclave, elle te fait roi ! La glace qui enflamme, qu'est-ce donc ?"

Calaf répond correctement à toutes les énigmes : l'Espérance, le Sang, Turandot.

Mais Turandot proteste, répétant qu'elle ne peut appartenir à personne, surtout pas à un étranger dont on ne sait rien, pas même le nom. Calaf propose un marché à la princesse : si elle découvre son nom avant le levé du jour, elle pourra faire ce qu'elle veut de lui.

Turandot ordonne que personne ne dorme cette nuit-là et qu'on trouve par tous les moyens le nom de l'inconnu qui avait trouvé la solution à toutes ses énigmes. Certains gardes avait remarqué un vieillard et une servante qui avait l'air de le connaitre. Ils capturent Timur et Liu pour tenter de les faire parler. Liu épargne le vieillard en affirmant qu'elle seule connait le nom secret de l'étranger. Vient le bourreau qui la torture. La jeune femme a peur de ne pas pouvoir tenir et de compromettre ainsi celui qu'elle aime en secret. Pour qu'on la relâche, elle affirme qu'elle va parler, mais une fois les mains libres, elle se saisit du poignard d'un des gardes et se tue.

Turandot et Calaf se retrouvent seuls, l'aube est proche, la princesse ne sait toujours pas le nom et est désespérée. Calaf profite de ce moment de faiblesse pour l'embrasser fougueusement. Turandot s'en trouve complètement bouleversée. Calaf lui révèle alors son nom, remettant son destin entre les mains de la princesse.

L'aube se lève et la cour se réunit pour connaitre le nom de l'étranger. Turandot le révèle : il s'appelle amour ! Ce jour, aucun prétendant ne sera exécuté car Calaf a fait fondre la glace que la princesse avait dans le coeur.

 

Puccini est mort avant d'avoir pu achevé cet opéra, c'est Franco Alfano qui a terminé la partition. La fin de l'opéra est donc contesté, de plus, elle a été raccourcit par le chef d'orchestre Toscanini. Elle parait donc un peu facile, abrupte et convenue.

Cependant, Turandot est un bel opéra, qui donne une grande importance aux choeurs qui convient bien au contexte de cour impériale fastueux. Puccini use également des dissonances qui à la fois nous évoquent l'Asie mais aussi renforce le climat froid et de terreur qui règne dans le palais de la princesse cruelle.

J'ai bien apprécié les chanteurs, ça ne doit vraiment pas être facile devant un public aussi important (15000 personnes). Mais si je n'ai rien à redire sur Marco Berti qui était un très bon Calaf, en témoignent les applaudissements bien nourris lors de son grand air Nessun Dorma (repris une deuxième fois d'ailleurs, je me suis demandé s'il n'y avait pas eu un problème en coulisse et que donc le chef avait demandé à reprendre l'air...), je suis un peu plus dubitative sur la Turandot de Maria Guleghina, qui parfois avait l'air d'avoir un peu de mal dans les aiguës et qui a sortis quelques fausses notes. Ping Pang et Pong assurent quelques passages comiques dans l'opéra et Bettoschi, Bocchino et Fiore formait un très bon trio.

La mise en scène était très sympa, on voit qu'il doit y avoir pas mal de moyens derrière parce que les décors sont assez colossaux. J'ai noté aussi les tenus assez extravagantes de le princesse qui du coup avait l'air de débarquer tout droit de l'espace intersidéral...

Bref j'ai passé un bon moment, même si ce n'est pas franchement mon opéra préféré, ni mon opéra préféré de Puccini d'ailleurs puisque c'est Tosca, suivit de Madame Butterfly.

 

Je vous laisse avec le grand air de Calaf, interprété par Joseph Schmidt que j'adore.

 


 
Par La Reine de la Nuit
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