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Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 20:33

Je ne sais pas pourquoi, mais certains chanteurs de variété se sentent parfois obligés de s'illustrer dans des morceaux classiques... Enfin si je sais pourquoi ! Petite explication...

Qui n'a jamais entendu "Céline Dion, elle pourrait tout chanter si elle voulait, même de l'opéra !" ? Rien que l'idée me fait froid dans le dos... Et le pire (désolée pour ses fans) c'est qu'elle a déjà essayé ! Bien sur, ses admirateurs adorent, trouvent ça magnifique, un miracle. Et c'est vrai que comparé aux autres, elle s'en sort plutôt pas mal...

Je pensent que ces chanteurs de pop et de variété veulent montrer à tous l'étendue de leur talent et de leur capacité vocale surtout... très bien ! Mais la plupart du temps, ils se ridiculisent ! Je montrerais des vidéos qui le prouvent plus bas dans l'article.

Je n'aime pas forcément tous ces chanteurs à la base (je l'avoue, je suis honnête), mais pour certains, je les trouvent bons dans leur domaine de prédilection c'est à dire la pop, la variété, le rock... Ce que j'essaye de dire c'est que je ne suis pas une puriste de la musique classique, j'aime autant l'opéra que la variété française, la pop, le rock et même le métal et l'electro. Mais je pense que tous ces styles demandent des compétences propres et qu'il n'est pas toujours bon de vouloir tout faire, surtout si c'est uniquement pour prouver que l'on vaut bien Maria Callas...

Je vous l'ai promis plus haut, voici un petit florilège des "perles" que j'ai pu trouver, des plus acceptables aux plus catastrophiques :

1 - Duo Florent Pagny/Céline Dion - Caruso : la plus acceptable. Florent Pagny a un peu de mal quand même, il essaye de grossir sa voix, ce n'est pas toujours très concluant. Cependant je pense qu'en travaillant avec un bon professeur, on pourrait en tirer quelque chose de bien, il y a quelques bons sons ici et là. La voix de Céline Dion me dérange à la base, trop nasillarde et engorgée, maniérée... mais au moins il n'y a pas trop de fausses notes.

 

2 - Céline Dion - Habanera (extrait de Carmen, Bizet) : passe encore. J'ai toujours le même soucis avec la voix de Céline... On dit toujours qu'elle a un timbre particulier mais je pense que ce qu'on n'entend ce n'est pas son vrai timbre parce que tout se coince dans son nez. C'est dans ce genre de morceaux aussi qu'on voit ses limites, aucun volume (heureusement qu'il y a le micro), c'est poussif, il n'y a pas de finesse dans son interprétation... mais encore une fois, pas trop de fausses notes.

 

3 - Chimène Badi - La donna e mobile (extrait de Rigoletto, Verdi) : la plus "j'y vais en force". Comment expliquer ce que ça m'évoque... d'abord pourquoi prendre un air d'homme ? Elle a une voix plutôt grave mais elle aurait pu trouver un air de mezzo. Enfin non je retire ce que j'ai dit, ça n'aurait pas été beaucoup mieux... Totalement engorgée, c'est mat comme voix, sans résonance. Et ne parlons même pas de l'articulation...

 

4 - Arielle Dombasle - Una voce poco fa (extrait du Barbier de Séville, Rossini) : la plus fausse prima donna. Tout dans l'attitude, rien dans la voix. Que c'est laid ! D'abord, on a les colorature savonneuses qui n'atterrissent pas toujours là où il faudrait. Ensuite, notez le superbe italien ainsi que l'instabilité des notes répétées. Enfin, le plantage de la cadence finale est tout à fait mémorable ! En tout cas j'admire l'impassibilité de la chanteuse qui a même l'air fière de sa prestation... autre élément très drôle : l'air désolé des musiciens et du chef d'orchestre. Comme l'a écrit très justement celui qui a posté la vidéo "una voce poco fausse".

                         

 

 

5 - Johnny Hallyday - Ave Maria (Schubert) : la plus kitchissime. A l'écoute de l'introduction, on pourrait penser à une reprise de Stand by me, mais non il s'agit bien d'une interprétation du célèbre Ave Maria de Schubert. Le texte a été traduit en italien, l'accent du Jojo national est d'ailleurs "perfecto"... Quand à la façon d'interpréter ce morceau, c'est du Johnny Hallyday, bien forcé, pas du tout subtil. Alors ça plait aux fans forcément qui pensent que tout ce que touche monsieur Hallyday devient or. Mais pour moi l'alchimie ne prend pas et je trouve cela assez ridicule.

                         

 

 

6 - Muse - Mon coeur s'ouvre à ta voix (extrait de Samson et Dalila, Saint Saëns) : la plus grandiloquente. J'aime beaucoup Muse, j'ai tous leurs albums. D'habitude je suis assez fan de leurs envolées de piano au milieu de morceaux rock... Mais là j'avoue que je suis restée perplexe... Pour moi, ils ont franchit la limite entre le raffinement et la grandiloquence. Le résultat est assez risible. Je précise que l'extrait est inclue dans un morceau de leur composition, pour l'écouter directement vous pouvez aller à 2:17.

 

 

 

7 - Natasha St Pier - Voi che sapete (extrait des Noces de Figaro, Mozart) : la plus catastrophique ! Du début à la fin un plantage complet ! Une voix blanche avec plein d'air, un manque de justesse flagrant, un italien horrible... En fait le mieux est d'écouter, ça se passe de commentaires !

                            

 

J'espère que vous avez autant rit que moi devant ces vidéo. Désolée pour les éventuels fans qui passeraient par là... Sans rancune !

Par La Reine de la Nuit
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Mardi 19 octobre 2010 2 19 /10 /Oct /2010 14:18

Vous connaissez surement Bon Jovi. Chanteur de rock américain, il a sorti plusieurs tubes. D'ailleurs, c'est grâce à deux de ses titres que je le connaissais, Livin' on a prayer et It's my life :

 

 


 

 


 

 

Et il y a environ une semaine, réminiscence de l'époque de mon échange en Allemagne, j'ai voulu écouter All about lovin' you, une ballade rock plutôt sympa. Mmm oui, je sais que ça fait quart-d'heure américain de boum du lycée... Que voulez-vous, ce doit être mon côté adolescente en fleur qui ressort en ce moment !

 

 

 


 

 

Donc j'écoute cette chanson, en gros c'est un type dont le couple bat de l'aile et qui tente de recoller les morceaux car il aime toujours sa chérie mais il n'a pas su lui prouver... Trop mignon !

Ensuite je glisse vers les suggestions Youtube et je vois d'autres titres qui ont l'air prometteurs... Tout d'abord Thank you for loving me. Alors là c'est "je ne sais pas toujours trouver les mots mais je te remercie de m'aimer"... Avouez que c'est quand même un peu ambiguë, en fait personne ne voulait de lui à part cette fille donc il la remercie, obligé quoi ! Bon d'accord j'exagère un peu et je fais de la mauvaise foi parce que les paroles sont un peu plus riches que ce que je retranscris...

 

 


 

 

Puis il y a Always. Jon a foiré avec la femme de sa vie mais il lui promet amour jusqu'à la mort et lui jure que jusqu'au dernier instant il pensera à elle... Trop mimi, sortez les mouchoirs !

 

 

 


 

 

J'adore ce clip, je trouve qu'il est un peu tiré par les cheveux quand même, c'est très drôle.

Je finirais avec Bed of roses. Pour le coup, c'est du Bon Jovi dark ^^. Eloigné de sa chérie, il noie son chagrin dans l'alcool et des conquêtes d'un soir qui ne font lui rappeler que plus douloureusement l'absence de celle qu'il aime.

 

 

 

Ici aussi par moment le clip n'a aucun rapport... pourquoi le guitariste et le pianiste dans la montagne ? une vague métaphore de la solitude ?

Enfin je me moque un peu, il n'empêche que Always, je l'ai écouté pas mal de fois (j'ai des jours monomaniaque d'un morceau comme ça). Et qui parmis vous ne trouverez pas ça touchant qu'on vous fasse une déclaration sur un de ces titres ? Personnellement, je trouve ça quand même plus classe que Johnny ou Céline, non ? (va se cacher des fans hystériques qui veulent lui arracher les yeux)

Par La Reine de la Nuit
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Jeudi 2 décembre 2010 4 02 /12 /Déc /2010 23:06

Les fans auront reconnu le célèbre leitmotiv de la non moins célèbre série X-files. Alors certains vont se demander "pourquoi maintenant ?" car en effet le rideau de fin est tombée sur la série il y a déjà quelques années, en 2002 exactement. Eh bien, parce que j'ai décidé, au coté de mon chéri, de me replonger dans les dossiers paranormaux du FBI. D'ailleurs, c'est devenu un rituel : tous les week-ends depuis septembre, on se programme une petite soirée, on regarde un ou deux épisodes mais avant cela, on prépare un énorme saladier de pop corn ! Oui, X-files c'est encore meilleur à deux avec du pop corn tout frais nappé de caramel au beurre salé...

Alors pour l'instant, nous n'avons pas fini la première saison, mais ce qui est génial avec cette série c'est qu'on peut prendre le temps de la savourer... Quand d'autres feuilletons vous obligent à ingurgiter les épisodes les uns après les autres pour pouvoir être satisfait, X-files vous rassasie à chaque nouvelle enquête. Et très vite, on se prend à interrompre l'épisode pour spéculer sur son issue, on échafaude des théories, on se triture les méninges et il faut bien avouer que peu de séries vous prennent et vous tiennent en haleine comme cela !

 

xfiles

 

Alors qu'est-ce qui fait que cette série est totalement géniale ?

 

Tout d'abord, le spectateur est toujours baladé entre différentes thèses, souvent opposés par les deux personnages principaux, Fox Mulder et Dana Scully. Mulder penche le plus souvent pour l'explication paranormale alors que Scully défend (parfois obstinément) la thèse rationnelle. Mais le fait est que la plupart du temps, on n'arrive ni à prendre parti pour l'un ni pour l'autre... Tout cela reste en suspend.

Ensuite les sujets sont très variés : télépathie, mutation, clonage, abduction, pouvoir des machines, miracles,... chaque épisode surprend. Eh oui, dans X-files, il n'est pas toujours question que d'extraterrestres ! Et en plus de suivre des histoires aussi variés, une intrigue principale se tisse en fond, notamment avec l'apparition et la récurrence de Deep Throat (ce qui vous fera dix fois plus réfléchir et vous verrez que dans ces conditions, c'est agréable ^^).

Je terminerais par souligner la qualité des acteurs, aussi bien pour les deux personnages principaux que pour les personnages secondaires, récurrents et n'apparaissant que dans un épisode. D'ailleurs certains sont clairement portés par les acteurs qui y interviennent. Par exemple, je n'ai pas trop apprécié le sénario de départ de l'épisode Beyond the sea (j'ai trouvé l'échange radical des points de vues de Mulder et Scully trop "gros") mais le personnage de Luther Lee Boggs, mené de main de maître par Brad Dourif, est tellement charismatique qu'on se laisse tout de même porter.

 

xfiles2

 

Alors maintenant, vous saurez quoi faire de vos après-midi pluvieux : votre chéri(e) (ou à défaut, votre meilleur(e) ami(e) ), du pop corn au caramel au beurre salé maison et quelques "X-files", voilà qui devrait parvenir à vous faire passer un bon moment !

 

xfiles1

Par La Reine de la Nuit
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Mercredi 16 février 2011 3 16 /02 /Fév /2011 16:59

Le 3 février dernier, nous sommes allés voir, mon chéri et moi, une retransmission de l'opéra Roméo et Juliette de Charles Gounod à l'UGC cinécité de Strasbourg. C'était une captation du festival de Salzbourg 2008 avec en tête d'affiche Rolando Villazon et Nino Machaidze. Petit débrief de cette soirée.

 

Avant de pouvoir admirer le MAGNIFIQUE Rolando, nous avons eu le plaaaaaaaiiiiisiiiiir d'entendre un jeune élève en chant du très prestigieux Conservatoire de Strasbourg dans une improvisation sur le thème de Roméo "Ah ! lève toi soleil". Je ne dirai rien sur cette prestation, tellement j'ai été bouleversée par l'interprétation de ce talentueux ténor... Non vraiment, ça se passe de commentaire...

 

Après cette petite "introduction lyrique", lever de rideau... je commencerai par un mot sur la mise en scène. Le décor était assez sobre, bien qu'on y perçoive des moyens importants. Cette sobriété facilitait la caractérisation des changements de lieux, nombreux dans l'opéra, par la mise en place d'accessoires. Le fond de la scène était orné de grandes arcades (représentant les arènes de Vérone ?) dans lesquelles se plaçaient différents figurants (danseurs, gardes, statues,...) et par lesquelles filtrait un éclairage plus doux (pour la scène du balcon ou du caveau). L'estrade centrale était vide pour la piste de danse, surélevée et mobile pour figurer le balcon, ornée d'une croix pour l'église, d'étals garnis pour la place du marché, d'un simple drap blanc pour la chambre de Juliette et enfin des tombeaux pour le caveau.

Dans cette production, les personnage sont très actifs sur scène, voir paraissent carrément surexcités. Cela est peut-être volontaire : le metteur en scène voulait probablement transcrire le climat de tension entre les deux familles.

Serait-ce pour pallier au manque d'action de l'opéra ? En effet, je trouve cette adaptation de l'oeuvre de Shakespeare bien en dessous de la version originale. On y perd l'intensité de l'action, la trame de fond que constitue la rivalité entre Montaigu et Capulet n'est jamais vraiment rappelée avant le 3ème acte, lors du duel entre Tybalt et Mercutio. Ce n'est qu'enchainement de promesses d'amour sirupeuses (cinq duos d'amour : la rencontre, le balcon, le mariage, la nuit de noce, la mort). Certains personnages très charismatiques sont relégués aux second plan, comme Tybalt et Mercutio (Tybalt est d'ailleurs quasiment inexistant alors qu'il est un des personnages centraux de la pièce).

Mais peut-être n'aurais-je pas remarqué ces défauts dans le livret si les chanteurs (surtout les chanteurs principaux) avaient été meilleurs ? 

Rolando Villazon est un Roméo très décevant. Je n'aime pas vraiment ce chanteur à la base mais là je l'ai trouvé mauvais... Il chante parfois faux, la diction est assez mauvaise et il attaque les sons par en dessous (ce qui donne notamment des beaux glissando au début de certains airs). Villazon en plus de cela manque clairement de subtilité, tout est chanté en force et il semble qu'il ne connaisse qu'une seule nuance : le FORTE !!!!!! (Vous me direz, au moins on l'entend ^^). Et le tout n'est pas relevé par le jeu qui est tout aussi mauvais et peu subtil que son chant. Il ne donne pas la douceur et la tendresse nécessaire au personnage, c'est tellement agressif qu'on a parfois l'impression que Roméo est un cannibale qui aurait envie de dévorer Juliette (au sens propre comme figuré d'ailleurs).


 

A coté de ce monstrueux Roméo, Nino Machaidze fait une Juliette tout à fait satisfaisante. Le timbre de la voix est beau, assez chaud ce qui est appréciable dans les passages plus dramatiques. Chose étrange : on la comprend très bien à certains moment et pas du tout à d'autres... Son jeu est plutôt bon même s'il n'a pas toujours l'air naturel, notamment dans l'acte I où elle minaude beaucoup. Mais pour sa défense, ce serait un choix du metteur en scène qui voulait représenter Juliette comme une ado insouciante au début pour contraster avec sa situation finale.


 

Nous arrivons au chanteur que j'ai préféré dans cette production, Russell Braun dans le rôle de Mercutio. Il a vraiment une belle voix, son timbre est très agréable, la diction est bonne (on comprend quasiment tout) et il délivre une interprétation en finesse. J'ai trouvé que son jeu collait parfaitement au personnage. Dommage qu'il n'ait qu'un air ("Mab, reine des mensonges") et une scène (le duel).


 

Deux autres prestations sont très sympa dans cette production : celle de Cora Burggraaf (Stefano) et celle de Mikhail Petrenko (Frère Laurent). Les deux ont une belle voix et leur jeu correspond bien à leur personnage respectif.

 

Clärchen Baus-Mattar est un Tybalt bien peu "agressif". Déjà que le personnage est très secondaire dans l'opéra, cela retire le peu de charisme qu'il aurait pu avoir. Falk Struckmann, le comte Capulet, montre quelques faiblesses techniques qui nuisent à son jeu de scène. Sans prestance, le père de Juliette a l'air gateux...

 

Conclusion sur cette production : de bons éléments mais l'ensemble est plombé par la star du plateau, Villazon, et parfois également par l'interprétation douteuse du caractère des personnages qu'a montré le metteur en scène. Il faudra leur demander d'engager le jeune ténor trèèèèès talentueux du conservatoire de Strasbourg (dont je n'ai pas retrouvé le nom) à la place de Villazon la prochaine fois, ça deviendrait un enregistrement de référence !

Par La Reine de la Nuit
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Mercredi 30 mars 2011 3 30 /03 /Mars /2011 17:05

Grâce aux merveilles de la technologie, le 19 mars dernier, mon chéri et moi avons assisté à un opéra au Met !!! Bon d'accord, nous étions juste dans une des salles de l'Utopolis de Longwy pour une retransmission en direct... Mais c'était comme si on y était vraiment (si on met de coté le son légèrement grésillant et saturé dans les aiguës et quelques petites coupures, mais bon on est à Longwy quand même, faut pas se plaindre).

Nous avons pu écouté et regarder une des grandes oeuvres du Bel Canto italien, Lucia di Lammermoor de Donizetti. Lammermoor, ça ne fait pas très italien et pour cause ! L'action se passe en Ecosse (vous noterez par la suite que si tous les personnages ont des noms de familles écossais, ils ont aussi tous des prénoms italiens). L'histoire semble être assez inspirée par Roméo et Juliette (tiens, tiens, les revoilà) pour ce qui est de la situation de départ. Près de Lammermoor, deux familles rivales : les Ashton et les Ravenswood. Les Ashton viennent de prendre possession du chateau des Ravenswood, ce qui a causé la mort de son chatelain. Pourtant, au milieu de toute cette haine, Lucia (du clan Ashton) et Edgardo (le fils Ravenswood) tombent amoureux.

On se doute bien que vu le contexte, il risque de leur arriver des choses pas très drôles. D'autant qu'Enrico, le frère de Lucia est un homme d'une cruauté profonde. Quand l'un de ses subordonnés l'informe de la romance entre sa soeur et Edgardo, il jure de séparer les amoureux. De plus il a promis la main de Lucia à Arturo Bucklaw qui sera pour lui un bon allié politique.

Et c'est justement ce moment qu'a choisi Edgardo pour se rendre en France. Avant cela il demande Lucia en mariage. Ils échangent des anneaux pour symboliser leurs fiancailles et promettent de s'écrire régulièrement jusqu'au retour d'Edgardo. Enrico va en profiter pour faire chanceler la confiance de Lucia en son amant. Il intercepte toutes les lettres et en fait écrire une fausse dans laquelle Edgardo romprait ses fiancailles avec la jeune femme. Celle-ci, fragilisée par le décés de sa mère, tente de résister. Mais le prêtre Raimondo lui rappelle que son union avec Edgardo n'a été officialisé par aucune cérémonie et que sa mère aurait voulu qu'elle fasse le meilleur choix dans l'intérêt de son clan. La jeune famme fini par céder et accepte le mariage qu'on lui a arrangé.

Arturo Bucklaw est accueillit en grande pompe pour la cérémonie. Lucia signe le contrat de mariage et jure de se donner la mort ensuite. Mais Edgardo, revenu de France, interrompt les festivités et réclame sa fiancée. Lucia est tétanisée. Raimondo montre alors au jeune homme la signature de la jeune femme. Edgardo demande à Lucia si c'est bien sa signature, elle acquiese mais, totalement affolée, sans lui expliquer qu'elle y a été forcée. Il lui lance son anneau et s'enfuit.

Je m'arrête ici quelques secondes car il faut noter la bêtise certaine des personnages. Je m'explique. Au départ Lucia aurait du se méfier de son frère, sachant qu'elle redoutait une réaction violente de sa part s'il apprenait ses fiancailles secrètes. Mais sur ce point ça passe encore car le personnage est très fragile. Ensuite Raimondo pour un homme d'église, n'est pas vraiment pour la paix des ménages, il aurait plutôt du tenter d'appaiser Enrico et ne pas accabler la pauvre Lucia. Enfin Edgardo est bien vite convaincu que Lucia s'est mariée de son plein gré alors qu'il sait la violence dont peut faire preuve Enrico. Pourquoi tout de suite douter de celle qu'il aime ? et pourquoi ne pas demandé à sa fiancée si elle l'aime toujours et si elle a été forcée par son frère à ce mariage ? Tout cela aurait permis d'éviter le drame qui suit.

A ce stade s'ouvre le troisième et dernier acte. Enrico est furieux de l'intrusion d'Edgardo dans sa demeure et se rend chez lui pour le provoquer en duel. Il lui donne rendez-vous au matin dans le cimetière. Le jeune homme accepte la défi.

Au chateau, le soir tombe et les invités réunis pour le bal attendent l'arrivée des jeunes mariés. Soudain Raimondo interrompt la fête et annonce à tous, le visage blême, qu'un drame s'est produit dans la chambre nuptiale. Lucia, devenue folle a poignardé à mort son mari. Quand le prêtre la surprise, elle a levé les yeux et demandé où se trouvait son mari.

La jeune femme entre, apparement dans un état second. Elle est couverte de sang, délire, réclame Edgardo, parle de spectre qui veut les séparer puis paraît folle de joie... Cette scène est la scène de folie la plus célèbre de l'opéra et un véritable morceau de bravoure, presque vingt minutes ininterrompues ! Enrico, revenu de chez Edgardo, demande si les rumeurs sont vraies, ce que Raimondo confirme. Cruel jusqu'au bout, il se jette sur sa soeur et lui promet une peine exemplaire. Raimondo l'arrête, le faisant se rendre compte de l'état dans lequel ce mariage forcé à mis la pauvre fille. On fait finalement venir un médecin qui emmène la jeune femme évanouie.

La scène suivante se passe dans le cimetière. Edgardo, seul, attend l'arrivée d'Enrico. Il voit au loin les lumières du chateau où, pense-t-il, la fête bat son plein. Il maudit Lucia et déclare qu'il va se laisser tuer lors du duel. C'est alors qu'apparaissent des invités, venus de la demeur des Ashton qui l'informent que Lucia est mourante et que dans son délire elle le réclame. Regrettant ses paroles, Edgardo veut se précipiter à son chevet, mais il est trop tard, on entend déjà le glas sonner... Raimondo lui apprend la mort de sa bien aimée. Désespéré, il se suicide en se poignardant.

On remarquera le retournement de Raimondo, qui accuse Enrico d'avoir rendu sa soeur folle alors qu'il a lui-même participer au "bon déroulement" de ce mariage. Quand je vous disais que certains personnages sont idiots ! A moins qu'ils n'aient seulement la mémoire courte... Alzheimer n'est pas très loin.

 

Pour ce qui est de la représentation à laquelle nous avons assisté, ce fut une bonne prestation générale. On voit qu'il y a des gros moyens rien que par les décors qui sont vraiment très beaux et qui plongent tout de suite dans l'atmosphère grise, inquiétante et mystérieuse de l'Ecosse. J'ai également noté les superbes jeux de lumière dans l'acte II : on se trouve alors dans une pièce du chateau au départ assez sombre, probablement car le soleil n'est pas encore tout à fait levé et parce que les rideaux sont encore tirés, puis des domestiques entrent, ouvrent les rideaux et éclairent les lustres, la scène est alors baignée de soleil (enfin on jurerait qu'elle l'est) et c'est vraiment magnifique.

Ce qui est intéressant c'est que pendant les entractes, une caméra se balade dans les coulisses et nous montre les changement de décors. C'est une véritable fourmilière. Vous imaginez, vingt minutes pour changer quasiment toute la scène ! Autant dire qu'ils n'ont pas le temps de s'ennuyer.

Il est maintenant temps que je parle de la distribution de cette production.

Dans le rôle titre, nous avons pu admirer, devinez qui... notre Nathalie Dessay nationale !! Si le jeu était plutôt convainquant, si la caractérisation du personnage était bonne, il est vraiment dommage que la voix ne suive pas toujours. A dire vrai, je n'ai jamais trop aimé Dessay mais je ne me rappelais plus précisément pourquoi. Eh bien, il y a de grosses faiblesses dans le médium et le grave, la voix est parfois éraillée et souvent nasillarde. Cela était d'autant plus flagrant dans la scène de la folie car on passe d'un extrême à l'autre, on a un jeu sur les couleurs vocales qui doit être présent. Si elle est très à l'aise dans les aiguës, on a parfois du mal à l'entendre dès que ça descend. En bref, je dirais que sa voix manquait un peu de profondeur pour le personnage.

(je n'ai pas trouvé la version 2011 bien entendu mais comme elle avait déjà joué ce rôle en 2008, c'est plus ou moins la même chose, et on retrouve ce que j'ai dis plus haut)

J'ai en revanche beaucoup aimé Joseph Calleja dans le rôle d'Edgardo. Il était le chanteur le plus solide de la production à mon sens. Son timbre de voix et sa façon de chanter me rappelle beaucoup Enrico Caruso (un de mes chanteurs préféré avec Joseph Schmidt). Son interprétation était bonne même si on note une baisse d'intensité dans le dernier acte... Peut-être parce qu'il est difficile d'interpréter un amoureux désespéré quand on se rend compte qu'il a été vraiment idiot...

 

Ludovic Tézier (tiens, un français!) faisait un Enrico très convainquant, ce n'était peut-être pas le meilleur chanteur de la troupe mais le meilleur acteur sans aucun doute. Je dis que ce n'était pas le meilleur chanteur aussi parce que son vibrato était un peu trop large et que c'était parfois désagréable.

(le son est très mauvais et du coup le vibrato me choque plus que dans mon souvenir...)

Kwangchul Youn (Raimondo) était plutôt bon techniquement mais son jeu était beaucoup trop plat. Enfin, Normanno était interprété par un très mauvais chanteur dont je n'arrive pas à retrouver le nom (on se demande pourquoi...). Mais quand je dis très mauvais c'est presque un euphémisme parce qu'il était horrible. Sa voix ne passait pas au-dessus de l'orchestre, son vibrato était tellement énorme que je me suis demandé s'il ne faisait pas un trille sur chaque note et c'était même parfois complètement faux... Il y a tellement de bons chanteurs, des jeunes qui ne demandent qu'à montrer qu'ils sont excellent sur une scène internationale alors pourquoi l'avoir engagé lui ?? Parfois il y a des choses que je ne comprend absoluement pas...

Donc une bonne impression générale, une bonne mise en scène, un bon premier rôle masculin, des bémols et un gros coup de gueule, c'est un peu de cette façon que je résumerais cette "soirée au Met".

Par La Reine de la Nuit
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